Avant-propos musicaux

Tout public

Avec la complicité d’Accent 4, la radio alsacienne dédiée à la musique classique, sont organisées des conférences introduisant chaque concert en abonnement. Donnée par un spécialiste – critiquque, universitaire ou musicologue, chacune présente de manière didactique et ludique les clefs d’une partition, la resituant dans le parcours personnel de son auteur et au sein de l’histoire de la musique, analysant également le contexte politique et social dans lequel l’œuvre a été composée ainsi que ses enjeux artistiques majeurs.

De 19h à 19h45
Lieu : PMC, Salle Marie Jaëll
Entrée libre

Les prochaines dates

  • Jeudi 13 décembre 2018 - Jean-Jacques Groleau

    Le Concerto pour violon de Korngold - La nostalgie viennoise

    Korngold, le « petit Mozart » du début du XXe siècle, dut fuir l'Europe nazie et se réfugier à Hollywood, où il fit une seconde carrière en tant que compositeur de cinéma. Quand il délaisse le septième art pour reprendre sa Muse classique, comme pour ce prodigieux Concerto pour violon (1945), c'est tout un monde de volupté et de sensualité qu'il nous donne à entendre, un monde où s'épanche une Vienne désormais perdue.

  • Jeudi 24 et vendredi 25 janvier 2019 - Philippe Choulet

    La Symphonie n°15 de Chostakovitch - Un Testament d’amère mémoire

    Eté 1971. Pour Chostakovitch, gravement malade, le monde va finir, comme dit Baudelaire, et il le sait. Cette œuvre autobiographique, très émouvante, est un adieu : à la fois une reconnaissance de dettes (nombreuses citations — Rossini, Wagner, Mahler…) et un véritable cénotaphe musical pour ses thèmes, ses mélodies et ses styles.

  • Jeudi 31 janvier et vendredi 1er février 2019 - Daniel Payot

    La Symphonie n°14 de Chostakovitch - Une évocation rhapsodique de la mort

    Quelle forme donner à la représentation de la fin absolue, sans au-delà ni transfiguration ? Les onze mouvements de cette étrange symphonie font se succéder autant de textes apparemment disparates de quatre poètes différents – mais la musique de Chostakovitch les traverse, tisse entre eux des relations de contraste ou d’écho et suggère la multiplicité d’affects, hétérogènes et parfois opposés, que lui inspire le terme irrémédiable de l’existence humaine.

  • Jeudi 7 et vendredi 8 février 2019 - Elisabeth Brisson

    La Symphonie n° 13 de Chostakovitch - Musique et mémoire interdite

    Composée en 1961 sur un poème d’Evgueni Evtouchenko qui ose défier la censure en ravivant, entre autres, la mémoire du massacre de 30 000 Juifs perpétré par les SS près de Kiev à Babi Yar en 1941, cette Symphonie a été créée en 1962 à Moscou, puis interdite malgré, ou à cause d’une réception enthousiaste. En intégrant la voix, héritage implicite de l’effraction humaniste que fut la Neuvième de Beethoven, cette œuvre incite à voir dans l'art un moyen de rompre les silences imposés par la censure.

  • Jeudi 28 février et vendredi 1er mars 2019 - Frédéric Gaussin

    Les Nuits dans les jardins d'Espagne : une œuvre frontière

  • Jeudi 28 et vendredi 29 mars 2019 - Claire Delamarche

    Le Concerto pour orchestre de Bartók - œuvre de bilan

    En 1944, dans son exil new-yorkais, Bartók est un homme usé : désillusions professionnelles, problèmes financiers et à présent maladie – une leucémie incurable. Il accepte néanmoins la commande émanant de Serge Koussevitzky, le directeur de l’Orchestre philharmonique de Boston. Ce sera le Concerto pour orchestre, composé lors d’une rémission inattendue. Cette éblouissante partition jette sur les années passées un regard mi-amer, mi-amusé et finit par un flamboyant hymne à la vie : un kaléidoscope de ces danses d’Europe centrale que le compositeur hongrois a étudiées jusqu’à son dernier souffle.

  • Jeudi 3 et vendredi 4 avril 2019 - Mathieu Schneider

    De l’orchestre comme d’un orgue - la Cinquième symphonie d’Anton Bruckner

    La Cinquième symphonie de Bruckner, que le compositeur lui-même considérait comme « un chef d’œuvre du contrepoint », est pétrie des techniques d’écriture du choral et de la fugue. Traitées avec une science particulièrement raffinée dans le dernier mouvement, elles sous-tendent la forme de l’ensemble de l’édifice symphonique. Bruckner, l’organiste, a tiré profit de sa pratique instrumentale et de sa fréquentation des grands maîtres, qui se retrouvent aussi dans sa manière très particulière de traiter l’orchestre.

  • Jeudi 11 et vendredi 12 avril 2019 - Marc Dumont

    Beethoven violent ?

    1807 : Deux cents ans après la tragédie de Shakespeare, Beethoven s’intéresse à Coriolan. Un thème d’une brûlante actualité après la tempête de la Révolution française, au temps d’un Napoléon victorieux. Car le problème que pose le héros romain, c’est celui de la révolte, de la démocratie, dans la Rome du Ve siècle avant notre ère… comme de nos jours. Vivre libre ou mourir ? Beethoven s’engage et répond avec violence, dans ce qui peut tout aussi bien s’entendre comme l’ouverture vers un autoportrait.

  • Jeudi 23 et vendredi 24 mai 2019 - Benjamin Lassauzet

    Il était une fois… Shéhérazade de Rimski-Korsakov

    Lorsqu’il compose Shéhérazade, très librement inspiré des Contes des mille et une nuits, Nikolaï Rimski-Korsakov emploie une stratégie porteuse : en dirigeant ses regards vers l’Orient, le benjamin du groupe des Cinq (réunissant cinq compositeurs russes visant à faire émerger un style musical national) tourne le dos à l’hégémonie culturelle de l’Europe de l’Ouest, et, ce faisant, parvient à concevoir une œuvre véritablement russe !