concerts éducatifs

Concerts Conférences

Avant-propos musical.

Une conférence est organisée, une heure avant les concerts en abonnement, en collaboration avec Radio Accent 4 1, la Musique classique en Alsace.

Son objectif est de plonger au plus profond d’une des partitions présentées afin d’appréhender au mieux la soirée qui va suivre, de resituer l’oeuvre à la fois dans le parcours personnel de son auteur et dans l’histoire de la musique, de l’analyser dans son contexte politique et social ou encore d’en tirer des enseignements purement artistiques. Ces avant-propos musicaux (accès libre) sont une des composantes essentielles de la politique menée par l’Orchestre visant à faire mieux comprendre les pièces interprétées : ils s’inscrivent dans la même dynamique que les ateliers d’écoute ou l’insertion de commentaires musicaux dans les programmes du soir distribués (eux aussi gracieusement) à tous les spectateurs.

Journaliste, universitaire ou musicologue, chaque intervenant est un spécialiste dans son domaine : il présente de manière intelligente (et intelligible) les enjeux de l’oeuvre et ses thématiques essentielles. Il s’agit sans doute de la meilleure introduction possible à la soirée musicale que l’on peut aborder avec, à l’esprit, encore fraiches, les informations reçues, puisque de la conférence au concert, il n’y a que quelques pas…

1(Strasbourg,96.6 MHz / Sélestat, 98.8 MHz / Colmar, 90.4 MHz ; pour plus de renseignements, consulter www.accent4.com)

Durée 45 minutes : 19h à 19h45
Lieu Salle des actions éducatives - PMC Accès par entrée Erasme (sauf indication contraire).
Tarif Gratuit
Public Tout public

InscriptionEntrée libre
Sarah Leon
par Sarah Léon

Jeudi 5 et vendredi 6 octobre 2017

Beethoven : À thème révolutionnaire, œuvre révolutionnaire

À thème révolutionnaire, œuvre révolutionnaire. Beethoven avait d’abord songé à intituler « Bonaparte » sa troisième symphonie, avant d’y renoncer avec colère lorsque le jeune consul se fit sacrer empereur ; le sujet n’en reste pas moins épique, imprégné des idéaux républicains et des espoirs soulevés par les récents remous de l’histoire française. Désormais, la rupture est consommée avec les symphonies « à la Haydn » ou « à la Mozart » : le temps musical est entièrement repensé, la forme se fait monumentale, et Beethoven, en démiurge, nous livre sa vision grandiose d’un héros prométhéen, issu des Lumières et annonciateur de temps nouveaux.

Nicolas MOUTIER
par Nicolas MOUTIER

Jeudi 12 et vendredi 13 octobre 2017

Rencontre avec Nicolas Moutier animée par Olivier Erouart

D’un naturel enjoué où l’humour tient une bonne place, Christian Lindberg, l’un des plus brillants trombonistes de sa génération, a composé Mandrake in the Corner, sa pièce la plus réussie, avoue-t-il, au début des années 2000. Avec Nicolas Moutier, trombone solo de notre orchestre, et par quelques exemples musicaux, nous essaierons de donner des clés de lecture de cette page et nous découvrirons d’un peu plus près cet instrument, le trombone, que certains esprits comparent à « un sifflet à coulisse mégalomane ».

Julie Walker
par Julie Walker

Jeudi 9 et vendredi 10 novembre 2017

Le Concerto pour violon de Dvořák (1879), une œuvre controversée ?

Rien de prédisposait Antonín Dvořák à la grande carrière de compositeur qui l’attendait. Fils du boucher-aubergiste du village, il rejoint la Prager Kappelle en tant qu’altiste dans les années 1860.

C’est ainsi qu’il découvre le grand répertoire classique et contemporain de l’époque, marquant également ses premiers pas de compositeur. Après ses premières œuvres à succès, encouragé par Brahms et son éditeur Fritz Simrock, il se lancera dans la composition d’un concerto pour violon, qui verra le jour en 1879. Dédié au virtuose Joseph Joachim, ce dernier déclinera pourtant l’invitation pour sa création.

Finalement, le 4 octobre 1883, c’est František Ondříček qui en réalisera la première exécution à Prague…

CHOULET_PHILIPPE
par Philippe Choulet

Jeudi 16 et vendredi 17 novembre 2017

La Pastorale de Beethoven: une ultime idéalisation de la Nature ?

Nous sommes le 22 décembre 1808, à Vienne. Beethoven dirige l’une à la suite de l’autre les Cinquième et Sixième symphonies.

Après la tempête de Prométhée, celle de la Nature, sertie entre la tendresse et la reconnaissance — juste avant la disparition de ce monde, un retour à l’échelle humaine de l’harmonie.

MARNAT
par Marcel Marnat

Jeudi 23 et vendredi 24 novembre 2017

Dialogue avec Olivier Erouart : Tout me fait créer !

Londres était, en 1795, la capitale du monde occidental. Depuis cinquante ans y prospéraient les techniques (tissage, acier) comme le meilleur des régimes politiques et si la Grande Bretagne perdit l’Amérique, le plus hardi de la Pensée (Malthus), de la Science (vaccination) et le plus rare de l’Esprit (Blake) surent y trouver librement leur place, préparant la première génération des Romantiques.

Lorsqu’il y composait sa 104e symphonie, Haydn ignorait, certes, que ce serait sa dernière et il faut donc imaginer qu’il visait à conquérir un public vigilant plutôt qu’illustrer une posture nouvelle. Soucieux de captiver, comment séduire et donner à penser par-delà le moment ?

Gageure à sa taille ! Le fait que la tradition ait accolé le nom de ce qui était alors la plus grande ville du monde à cette rayonnante symphonie dit assez que Haydn (seul) sut y réussir.

Daniel Payot
par Daniel Payot

Daniel Payot

Jeudi 18 et vendredi 19 janvier 2018

“Cette plainte indomptable et sauvage” : le Poème de l'amour et de la mer op. 19, pour voix et orchestre d’Ernest Chausson

Dans Les Fleurs du mal, Baudelaire associait l’homme et la mer comme deux profondeurs insondables. Ernest Chausson s’en souvient peut-être quand, entre 1882 et 1892, il met en musique La Fleur des eaux et La Mort de l’amour, poèmes de son ami Maurice Bouchor. Dans cette œuvre, l’orchestre accentue les affects exprimés par la voix, souligne les passages des uns aux autres et simultanément engloutit tout dans un flux et reflux perpétuel, à la fois souvenir, deuil et sentiment d’un abîme infini.

Rudolf Weber
par Rudolf Weber

Jeudi 25 janvier 2018

Narration sans narrateur? Le changement d’opinion de Jean Sibelius

Initialement, Sibelius - à l’époque grand admirateur de Wagner - pensait à un opéra mythologique sur la légende de Lemminkainen, sorte de Don Juan nordique. Finalement le sujet sera traité en forme de suite pour orchestre en quatre tableaux, comme si le compositeur finlandais avait décidé qu’un Sibelius de première main valait mieux qu’un Wagner de seconde. Ainsi se positionnait-il également contre une profonde conviction de l’auteur du Ring: celle que la musique purement instrumentale serait devenue désuète et que dorénavant il n’y aurait pas de salut en dehors de l’opéra.

Christiane Weissenbacher
par Christiane Weissenbacher

Jeudi 8 et vendredi 9 février 2018

« Frei nach Friedrich Nietzsche » : Also sprach Richard Strauss

Strauss est clair dès son titre : son poème symphonique de 1896 est une libre interprétation de l’œuvre du philosophe - une liberté qui s’affiche à la fois à l’égard du texte choisi comme source d’inspiration littéraire, et à l’égard du genre retenu comme forme d’expression musicale. Nous tenterons de montrer l’originalité et l’efficacité musicales de cette œuvre en nous référant aux intentions du compositeur telles qu’elles apparaissent dans une déclaration rapportée par Claude Rostand : Je me suis proposé d’exprimer musicalement un tableau du développement de la race humaine depuis ses origines … jusqu’à la conception nietzschéenne du surhomme.

Mathieu Schneider

Jeudi 1er et vendredi 2 mars 2018

Mahler et l’esprit du nocturne

La Septième symphonie en mi mineur de Gustav Mahler, composée en 1904-1905, se singularise par la présence de deux nocturnes. Le recours, dans la symphonie, à ce genre musical, popularisé au début du XIXe siècle par John Field, est exceptionnel. D’après Alma Mahler, il serait une référence à l’atmosphère des poèmes de Josef von Eichendorff, mais il se pourrait qu’il relève plus généralement du recours au fantastique et soit justifié par le rapport particulier des symphonies de Mahler à la nature.

DUMONT-MARC
par Marc Dumont

Vendredi 6 avril 2018

Il faut imaginer Beethoven heureux

Entre deux mondes. Entre deux fulgurances. En 1803, Beethoven compose sa Symphonie « Héroïque », où plane l’ombre de Bonaparte et de la Révolution française. Quatre ans plus tard, il termine sa Cinquième symphonie. Mais quid de la Quatrième, composée entre ces deux-là, symphonie qui reflète une énergie apaisée et joyeuse, coincée entre l’énergie vitale et révoltée des Troisième et Cinquième ? Ses quatre mouvements sont plus resserrés ; en hommage au modèle classique et à Joseph Haydn ? L’œuvre traduit aussi un moment plus calme de la vie du compositeur. Une sorte de rayon de soleil inclassable.

Jean-Jacques Groleau
par Jean-Jacques Groleau

Jeudi 19 et vendredi 20 avril 2018

"J'ai écrit un petit concerto..."

Ironie ou modestie ? Le "petit" concerto que Brahms dit composer en cette toute fin des années 1870 va en réalité se révéler une fresque immense, d'une puissance narrative et d'un souffle sans limites. Vingt ans après son premier essai (et quasi échec public) en la matière, Brahms décide d'opter ici pour une esthétique diamétralement opposée, mais en rien assagie ! L'apogée d’une certaine idée du romantisme ?

Benjamin Lassauzet
par Benjamin Lassauzet

Jeudi 17 et vendredi 18 mai 2018

La Septième symphonie de Beethoven : l’apothéose du rythme

Le moins qu’on puisse dire est que la Septième symphonie stimule l’imagination de celui qui l’écoute : les commentateurs ont pu y entendre, par exemple, une noce villageoise (Pasdeloup), une fête chevaleresque (Nohl), un bal masqué (Oulibichev), une procession dans les catacombes (d’Ortigue), un portrait des Maures d’Espagne (Marx) ou d’une belle odalisque (Dürenberg)… Mais c’est peut-être Wagner qui s’approche le plus du véritable message purement musical de l’œuvre en qualifiant la symphonie d’« Apothéose de la danse ». En effet, la Septième symphonie est essentiellement rythmique : et pour cause, elle est créée lors d’un concert organisé par Maelzel, qui n’est autre que l’inventeur du métronome.

Elisabeth Brisson
par Elisabeth Brisson

Vendredi 31 mai et samedi 1er juin 2018

La Neuvième symphonie ou la subversion à l'œuvre

Célébration de la Joie, cette Symphonie est souvent associée aux moments de libération politique. Est-ce parce qu'elle stimulerait la volonté de transformer la société et le monde ? C’est ce que suggère Wagner qui, en 1849, sur les barricades de Dresde aurait été interpellé par un combattant heureux que la belle étincelle divine de la joie se soit enflammée. À quoi serait due l'incitation révolutionnaire implicite ? Peut-on chercher du côté de la façon dont Beethoven a procédé pour composer cette Symphonie?