Dans cet abonnement, chaque concert recèle, comme l’indique son intitulé, une réelle découverte. Partons à la rencontre d’une alliance féconde, celle d’un chef d’exception, l’Estonien Neeme Järvi, et des pièces de son compatriote le trop mal connu Eduard Tubin, dont il est un des spécialistes mondiaux. Ensuite, nous explorerons les relations privilégiées entretenues par Marc Minkowski et ses Musiciens du Louvre – un des meilleurs ensembles baroques de la scène musicale internationale – avec Bach. Marc Albrecht nous montrera le lien puissant qui unit désormais l’OPS et l’œuvre de Richard Strauss avant que nous ne plongions dans un subtil jeu de temporalités sonores, de la musique ancienne au répertoire contemporain, en compagnie de Michael Sanderling. Dans ce cycle qui comblera
les auditeurs les plus curieux, l’imprévu est décidément de mise !
MERCREDI 10 NOVEMBRE | 20H30
Neeme Järvi
Martin FROST
PALAIS DE LA MUSIQUE ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 2
SAVEURS BALTES
Avec Neeme Järvi (né en 1937), c’est une légende de la direction d’orchestre qui sera, le temps d’un unique concert, au pupitre de l’OPS. Au cours de sa riche carrière, le musicien estonien (qui avait quitté l’URSS en 1980, ses enregistrements étant alors joués à la radio soviétique sans que le nom du chef soit mentionné !) a en effet dirigé les plus importantes phalanges du globe et a enregistré quelque quatre cents disques. À côté d’une page pour clarinette extrêmement inventive et virtuose de Carl Maria von Weber et de la symphonie la plus fameuse d’Alexandre Glazounov, il nous fera découvrir une œuvre de son compatriote Eduard Tubin (1905-1982), dont il s’est fait, depuis les années 60, l’infatigable ambassadeur, gravant une grande partie de sa production. Malheureusement peu connu en France, ce compositeur, qui a su mener une intelligente réflexion autour des musiques folkloriques de son pays, mérite assurément d’être placé sous le feu des projecteurs.
Tubin / Suite du ballet Kratt Weber / Concerto pour clarinette et orchestre n° 1 J.114 op.73 en fa mineur
_____ Glazounov / Symphonie n° 5 en si bémol majeur op. 55
JEUDI 25 NOVEMBRE | 20H30
Otto Tausk
Lilli Paasikivi
Catherine Bolzinger
PALAIS DE LA MUSIQUE ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 1
LA MUSIQUE EXPLORE LE TEMPS
À l’occasion d’Orchestres en Fête ! l’OPS assurera la création mondiale de Ayas, œuvre de Christophe Bertrand (né en 1981), jeune compositeur strasbourgeois, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, qui est en train de devenir une des valeurs sûres de la scène musicale contemporaine. Son style ? Il le définit par une volonté, celle de « plonger le public et les interprètes dans un bain d’énergie pure et ne jamais les ennuyer ». Aucun risque d’ennui non plus dans les autres partitions qui forment le programme de cette soirée. Elles sont signées Haydn, Brahms (dont le sublime Schicksalslied) ou Dvorak, dont on entendra la Symphonie n°5 (1879). Moins connue que celles qui la suivent, il s’agit d’une pièce intéressante au Finale ébouriffant, où angoisse et lyrisme jouent un fascinant jeu dialectique. Avec ces différentes œuvres, voilà l’auditeur entrainé dans une sarabande temporelle – du XVIIIème au XXIème siècle – placée sous le signe de l’éclectisme.
Haydn / Ouverture à “L‘Anima del filosofo“ Brahms / Alto Rhapsody op.53
Schicksalslied op.54
_____ Dvorak / Symphonie n° 5 en fa majeur op.76
SAMEDI 22 JANVIER | 20H30
Marc Minkowski
Les Musiciens du Louvre
Marc Minkowski
Les Musiciens du Louvre - Grenoble
PALAIS DE LA MUSIQUE ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 2
Marc Minkowski direction (biographie) / Les Musiciens du Louvre(biographie) Les Musiciens du Louvre - Grenoble sont subventionnés par la Ville de Grenoble, le Conseil général de l’Isère, la Région Rhône-Alpes, le ministère de la Culture et de la Communication (DRAC Rhône-Alpes)
L’ALLIANCE PARFAITE
Pour cette soirée dédiée aux célébrissimes Concertos Brandebourgeois de Jean-Sébastien Bach, l’OPS accueille un des meilleurs orchestres de la planète dans ce répertoire, Les Musiciens du Louvre, fondés en 1982 par Marc Minkowski. La formation grenobloise (qui joue sur instruments d’époque) et son chef ont largement participé au renouveau de la musique baroque dans l’hexagone. Reconnus pour leur relecture de l’œuvre de Haendel, Purcell ou Rameau, ils sont également parmi les plus brillants interprètes au monde des partitions du “Cantor de Leipzig”. S’ils ont su s’ouvrir aux musiques plus tardives, donnant notamment des versions de référence de pages françaises du XIXème siècle (Marc Minkowski a, par exemple, ouvert la saison 2009/2010 de l’Opéra de Paris avec une prestation remarquée dans Mireille de Gounod), Bach n’en demeure pas moins un de leurs compositeurs de prédilection. L’enregistrement paru chez Naïve, en 2008, de la Messe en si en témoigne.
Bach / Concertos Brandebourgeois BWV 1046 à 1051
Concerto n° 1, en fa majeur BWV 1046
Concerto n° 2 en fa majeur BWV 1047
Concerto n° 3 en sol majeur BWV 1048
Concerto n° 4 en sol majeur BWV 1049
Concerto n° 5 en ré majeur BWV 1050
Concerto n° 6 en si bémol majeur BWV 1051
JEUDI 7 AVRIL | 20H30
Marc Albrecht
François-Frédéric Guy
PALAIS DE LA MUSIQUE
ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 2
SUR LES CHEMINS DE L'EXISTENCE
Depuis son arrivée à Strasbourg, Marc Albrecht nous a invités à une (re)découverte inspirée de l’œuvre de Richard Strauss. En témoignent de multiples concerts, au nombre desquels figurent une très belle interprétation de Salomé en version concertante (mai 2007) ou un remarquable Don Quichotte, la saison passée, et un disque (paru en septembre 2008 chez PentaTone) regroupant différents poèmes symphoniques (Till Eulenspiegel, Don Juan, Tod und Verklärung). On attend donc avec grande impatience sa vision de l’Alpensinfonie qui narre une randonnée dans les Alpes bavaroises, une ascension avec ses diverses étapes avant le sommet, qui nous entraine des prairies en fleurs aux glaciers, en passant par les alpages ou l’arrêt obligé devant une cascade. Mais derrière cette innocente promenade bercée par les chants d’oiseaux, se dissimule une réflexion sur la destinée de l’homme : cette “journée type” du promeneur ressemble en effet à une métaphore de la vie humaine, de ses joies et de ses périls.
Beethoven / Concerto pour piano et orchestre n° 1 en ut majeur op.15
Strauss / Eine Alpensinfonie (Une Symphonie alpestre) op.64
JEUDI 12 MAI | 20H30
Michael Sanderlingg
Renata Pokupic
PALAIS DE LA MUSIQUE ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 2
Michael Sanderling direction (biographie) / Renata Pokupic soprano (biographie) / Markus Eiche basse-baryton (biographie)
ALLERS-RETOURS TEMPORELS
La soirée débute en 1795 avec la Symphonie n°104 “Londres” de Joseph Haydn, la dernière – et une des plus abouties – que le prolixe compositeur autrichien écrivit. Il allait en effet consacrer le reste de son existence aux répertoires chambriste et choral. Le programme se poursuit avec une (très) rare pièce signée Ottorino Respighi, Airs et danses anciens, suite n°3 (1932), page fort mélancolique basée sur des partitions signées de compositeurs de la fin du XVIIème siècle comme Ludovico Roncalli, voire antérieurs tels Santino Garsi da Parma (1542-1604) ou Jean-Baptiste Besard (1567-1625). Le concert s’achève en plein cœur du XXème siècle avec Pulcinella (1920) de Stravinski qui peut être considéré comme une “version latine” de Petrouchka. Se servant de certaines œuvres anciennes (de Pergolèse, notamment), le compositeur russe nous entraine dans un maelström méditerranéen burlesque et bouffon dans lequel l’auditeur ne connaît guère de répit.
Haydn / Symphonie n° 104 en ré majeur Londres Respighi / Airs et danses anciens, suite n°3 Stravinsky / Pulcinella