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Cette série de concerts représente toute la diversité du répertoire d’un orchestre symphonique d’aujourd’hui. Les musiciens s’adaptent en effet à l’esthétique d’une symphonie de Haydn comme à la création de pièces de Christophe Bertrand et de Philippe Manoury. On retrouvera le soliste et chef Heinrich Schiff, tout aussi à l’aise dans une œuvre de Fauré que de Lutoslawski, mais aussi les personnalités de Kirill Karabits, Jiri Belohlàvek, Marc Albrecht et Ludovic Morlot. Ils dirigeront des partitions que l’on entend assez rarement en concert comme le Concerto pour piano et instruments à vent de Stravinsky et la Première symphonie de Sibelius. Ces compositions nous révèlent d’autant mieux leur écriture originale qu’elles encadrent des œuvres-phare du répertoire comme la Neuvième symphonie de Beethoven.
JEUDI 28 OCTOBRE | 20H30
Heinrich Schiff
PALAIS DE LA MUSIQUE
ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 2
Heinrich Schiff Direction et violoncelle (biographie)
MUSIQUES FUNEBRES
Le violoncelliste et chef d’orchestre autrichien passe aussi aisément de l’archet à la baguette que du répertoire classique à la musique contemporaine. Cet artiste qui a créé des dizaines de partitions dirige avec autant de bonheur les formations baroques. “Une musique funèbre à travers les âges” pourrait être le fil conducteur de ce programme. En effet, l’œuvre que le compositeur polonais Witold Lutoslawski dédia en 1958 à la mémoire de Béla Bartók est ce que l’on nommait à l’époque baroque un “tombeau”. Pablo Casals éprouva lui aussi ce sentiment en interprétant en 1901 la noble et puissante marche funèbre de l’Élégie de Fauré. Quant à la 98ème symphonie de Haydn, ce n’est pas un hasard si Beethoven s’empresse d’acquérir le manuscrit. Cette page qui appartient au cycle des douze symphonies “londoniennes” est d’une grandeur tragique. Faut-il y voir le Requiem que le musicien aurait voulu composer à l’intention de Mozart ?
Fauré / Elegie pour violoncelle et orchestre, en ut mineur op.24 Saint-Saëns / Concerto pour violoncelle et orchestre n° 1 en la mineur op. 33
____ Lutoslawski / Musique funèbre pour cordes "A la mémoire de Béla Bartok" Haydn / Symphonie n° 98 en si bémol majeur.
JEUDI 18 NOVEMBRE | 20H30
Dima Slobodeniouk
Alexander Toradze
PALAIS DE LA MUSIQUE ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 1
LES AVANT-GARDES RUSSES
Qu’est-ce qu’un musicien “révolutionnaire” ? Si la question est posée aux interprètes slaves, ils évoquent aussitôt les compositeurs russes du début du XXème siècle. Le refus du romantisme, mais aussi de l’impressionnisme et du dodécaphonisme marquèrent Stravinsky et Prokofiev. L’un et l’autre ont aimé la provocation, jouant de la dimension percussive du piano, ne lui épargnant aucune dissonance. En même temps, ils ont célébré l’esprit de la pantomime, la profondeur de la poésie populaire. L’Amour des trois oranges se révèle comme une musique désopilante et grotesque et le Concerto pour piano et instruments à vent de Stravinsky nous offre une fascinante toccata barbare. Le pianiste Alexander Toradze et le chef Dima Slobodeniouk nous révèlent des œuvres qui portent en elles la violence de la première moitié du XXème siècle. L’Orchestre assurera par ailleurs la création d’Ayas pour onze cuivres et percussion du compositeur strasbourgeois Christophe Bertrand.
Stravinsky / Symphonie en trois mouvements Prokofiev / Concerto n°1 pour piano et orchestre en ré bémol majeur op.10
_____ Stravinsky / Concerto pour piano et instruments à vent Prokofiev / L‘Amour des trois Oranges op. 33 bis, suite symphonique
JEUDI 16 DECEMBRE| 20H30
Kirill Karabits
Jean-Yves Thibaudet
PALAIS DE LA MUSIQUE
ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 2
AU PLUS HAUT DU PIANO
Avec Jean-Yves Thibaudet, on retrouve avec plaisir un des meilleurs pianistes au monde, un des complices réguliers de l’Orchestre dont chaque prestation demeure dans les mémoires comme l’alliance parfaite entre élégance de tous les instants, virtuosité absolue, intense profondeur et émotion à fleur de peau. On se souvient, par exemple, de son ébouriffant Concerto pour la main gauche de Maurice Ravel (mars 2003, dirigé par Jan Latham-Koenig) ou, plus récemment, de sa très belle interprétation du Deuxième concerto de Franz Liszt (novembre 2006, avec Michel Plasson au pupitre). Cette saison, il nous entrainera à nouveau, sous la virevoltante baguette de Kirill Karabits, dans l’univers du créateur de la Dante-Symphonie avec son Premier concerto, une des partitions les plus célèbres (et célébrées) de Liszt. Elle fut créée le 17 février 1855 sous la direction de Berlioz (avec le compositeur au clavier) et requiert du soliste une brillante technique et une puissante expression poétique.
Stravinsky / Concerto pour orchestre à cordes en ré majeur dit Concerto en ré Liszt / Concerto n°1 pour piano et orchestre en mi bémol majeur Sibelius / Symphonie n°1 en mi mineur op 39
JEUDI 13 JANVIER | 20H30
Jiri Belohlavek
Detlef Roth
PALAIS DE LA MUSIQUE ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 1
TRAGEDIE DU COEUR ET TRAGEDIE DU MONDE
Au cœur de l’Europe centrale, Janácek, Mahler et Martinu ont imaginé leur propre univers sonore. Sur le ton de la confidence, Mahler exprime dans ses Rückert-Lieder créés en 1905, les dernières pages du romantisme, les humeurs changeantes de la passion et des souvenirs de l’enfance. Il le fait avec une orchestration épurée. En revanche, l’évocation de Katia Kabanova, nous place au cœur d’un drame, celui d’une femme brisée par son entourage et que l’on pousse au suicide. Le compositeur et musicologue Jaroslav Smolka a réalisé une suite symphonique puissante de l’opéra. Elle a été créée en février dernier à Londres sous la baguette de Jirí Belohlàvek. La première des six symphonies de Martinu évoque également une tragédie. Le musicien composa ce chant funèbre, d’une grande violence rythmique, aux Etats-Unis, en 1942. Il rendait hommage au destin de son pays placé sous le joug de l’occupant.
Janácek / Suite de Katya Kabanova (arrang. Jaroslav Smolka) Mahler / Rückert Lieder
____ Martinu / Symphonie n° 1 H.289
JEUDI 17 MARS | 20H30
Marc Albrecht
Gidon Kremer
PALAIS DE LA MUSIQUE ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 2
MUSIQUES POUR LE TEMPS PRESENT
Le Deuxième concerto pour violon de Sofia Gubaïdulina, In Tempus praesens, fut créé en 2007 par sa dédicataire, Anne-Sophie Mutter. La compositrice russe aux accents mystiques y livre une réflexion éminemment actuelle sur les relations de l’un, le soliste, avec le multiple, l’orchestre. On attend avec impatience d’entendre la version qu’en donnera son ami, le virtuose Gidon Kremer, auquel, rappelons-le, elle avait dédié, en 1980, son Premier concerto, Offertorium. Également au programme, la Symphonie n°6 de Gustav Mahler (dont on célèbre, en 2011, le centenaire de la disparition), une partition, elle aussi, profondément novatrice. Son auteur en parlait en ces termes : « Ma sixième va poser à l‘avenir des énigmes que seule pourra tenter de résoudre la génération qui aura avalé et digéré les cinq premières ». On y découvre un être plongé dans un combat sans merci contre une destinée fatale qui ne peut évidemment que s’achever dans la douleur et la mort.
Gubaïdulina / In Tempus Praesens Mahler / Symphonie n° 6 en la mineur «Tragique»
JEUDI 14 AVRIL | 20H30
Ludovic Morlot
Hae-Sun Kang
Catherine Bolzinger
Choeur de l'OPS
PALAIS DE LA MUSIQUE
ET DES CONGRÈS - SALLE ÉRASME tarif 2
Éclats du romantisme et de la modernité
« Synapse décrit une zone de contact chimique où se transmet un signal nerveux entre deux neurones […] C‘est une chose semblable qui gouverne toute la construction de cette composition pour violon et orchestre » explique le compositeur Philippe Manoury à propos de la création française de son œuvre. Hae-Sun Kang, la dédicataire de la partition achevée en 2010 en sera le soliste. Cet évènement musical de la saison offrira un contraste saisissant avec “La dernière des symphonies” selon l‘expression de Richard Wagner. La Neuvième symphonie de Beethoven, également placée sous la direction du chef français Ludovic Morlot bénéficiera d‘un superbe plateau vocal.
Manoury / Synapse, concerto pour violon et orchestre Première française Beethoven / Symphonie n° 9 avec un chœur final sur l‘Ode à la joie de Schiller en ré mineur op.125