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  • Saison 2007/2008 > Présentation de la nouvelle saison

    Audaces classiques

    La vie d’un orchestre ne se rythme plus aux seuls concerts d’une saison musicale. Il lui faut tendre la main aux publics les plus divers, séduire les mélomanes comme attirer les plus jeunes qui découvrent l’émotion partagée, mais aussi prendre le temps d’expliquer, de montrer et d’écouter. Mission culturelle, mission sociale, mission affective, plus encore.

    La saison que nous propose de découvrir Marc Albrecht mêle avec allégresse et dans un désordre qui n’est qu’apparent, les styles les plus divers. En effet, le temps est révolu où l’orchestre symphonique s’interdisait le répertoire “classique” réservé alors aux seules formations baroques, l’époque  où les audaces contemporaines s’enfermaient entre les barres de mesure des ensembles spécialisés.
    Il faut nous attendre à des contrastes violents et passionnés, non pas offerts pour le seul plaisir de provoquer, mais parce que les œuvres qui s’entrechoquent, s’éclairent mutuellement. Surgissent alors d’étonnants filiations entre les maîtres de la Seconde école  de Vienne, le sourire d’une symphonie de Mozart et le chromatisme exacerbé d’une partition de Wagner !



    Un tel va-et-vient dans le temps fait tout le prix d’un projet musical. Ce sont ces croisements acides et sucrés que vont nous cuisiner les musiciens et les solistes invités de l’Orchestre. Entrons pas à pas dans ce voyage musical, sous les deux grands pilliers de la saison. 

    Des pays étranges de Schumann au lyrisme de Berg

    Inauguré la saison passée, l’itinéraire que Marc Albrecht a consacré à l’œuvre d’Alban Berg se poursuivra, mêlant œuvres de jeunesse et de la maturité, associant Der Wein avec la Lulu-Suite (13, 14 décembre), puis les Altenberg Lieder avec les Trois Pièces pour orchestre (17, 18 janvier).

    A ce univers lyrique et dramatique qui est l’une des sources de la modernité du 20e siècle répondront plusieurs soirées consacrées à l’œuvre de Robert Schumann. Son écriture novatrice, imprévisible, pose les jalons de l’orchestre post-romantique. Ce sont d’abord les solistes de l’Orchestre en formation de chambre mais aussi le baryton Matthias Gorne accompagné d’Eric Schneider qui inaugureront cette série de manifestations (29, 30). Le piano de Christophe Berner et les textes lus par Meriam Abbas mélangeront poésie et musique (30 mars), puis ce sera au tour de l’orchestre d’offrir toute la palette originale des couleurs schumaniennes : symphonies et concertos sous la direction de Marc Albrecht aux côtés du pianiste Ronald Brautigam (3, 4 avril) et du violoncelliste Daniel Müller-Schott (10 juillet).

    Ombres et soleils slaves

    Hormis les deux séries consacrées à Schumann et Berg, l’Orchestre réservera une place toute particulière au grand répertoire slave avec lesVariations Rococo de Tchaïkovski (Johannes Moser, violoncelle) et la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak sous la direction d’Eivind Gullberg Jensen (1er février). Suivront les Symphonies d’instruments à vent de Stravinsky et Shéhérazade de Rimski-Korsakov avec un jeune chef que le public Strasbourgeois connaît particulièrement bien : Kirill Karabits (7, 8 février). L’un des grands chefs russes d’aujourd’hui, Vassily Sinaïsky, dirigera notamment le Concerto pour violon de Glazounov (Boris Brovtsyn, violon) et la Symphonie Pathétique de Tchaïkovski (15 mai). Enfin, l’Orchestre accueillera le chef français Yan Pascal Tortelier dans la Seconde Symphonie de Rachmaninov après qu’il eut dirigé le Chasseur maudit de Franck et le
    pianiste Simon Trpceski dans le Second Concerto pour piano de Saint-Saëns (29, 30 mai).

    Les grands contemporains

    C’est le hautboïste, chef d’orchestre et compositeur Heinz Holliger qui dirigera la première pièce contemporaine de la saison : son Recicanto pour alto et petit orchestre avec, en soliste, Geneviève Strosser (18, 19 octobre). En regard, l’austère Ricercare de Bach arrangé par Webern et la Symphonie n°9 de Schubert qui annonce déjà la grandes fresques de Bruckner offriront de saisissants contrastes ! Henri Dutilleux sera également à l’honneur (8, 98 novembre) grâce à la programmation de ses Métaboles présentées avec des pièces de Ravel, comme dans une filiation imaginaire (8, 9 novembre). Ces mêmes Métaboles  seront rejouées  à plusieurs reprises au cours de la tournée que l’Orchestre effectuera en Allemagne et qui, pour l’occasion, fera le déplacement avec Renaud Capuçon, Klara Ek et Hélène Grimaud (novembre). Enfin, l’Orchestre participera au festival Musica, offrant un programme Ligeti et Bartok (7 octobre).

    Musiciens célèbres… et pièces (presque) inconnues

    Interpréter Mer calme et heureux voyage…  de Beethoven n’est pas commun ! C’est un clin d’œil que propose Marc Albrecht en ouverture de la saison. Cette partition si rarement donnée en concert sera suivie de la Quatrième Symphonie du maître de Vienne et du Sacre du printemps de Stravinsky (20, 21 septembre). Les Sonnets de Michel-Ange du norvégien Fartein Valen seront certainement une autre découverte et aiguiseront les apétits nordiques des amoureux du Concerto pour piano de Grieg (Mihaela Ursuleasa, piano), puis du silence du Barde de Sibelius jusqu’aux déflagrations de la Septième Symphonie du compositeur finlandais (26 octobre). Un autre programme se situera entre le Danemark, la Russie et l’Allemagne avec le Second Concerto pour violon de Prokofiev (Julian Rachlin, violon) et la Quatrième Symphonie de Brahms. Mais, ce sera aussi l’occasion d’entendre un extrait de l’opéra Saül et David du danois Carl Nielsen. Le grand spécialiste de ce répertoire, Thomas Dausgaard, sera à la tête de l’Orchestre.
    Retour au romantisme viennois, à la nostalgie d’un passé d’avant la Première Guerre mondiale, mais inspirée par les thèmes des films d’Hollywood avec le Concerto pour violon de Korngold qui sera joué Renaud Gapuçon (8, 9 novembre). Retrouvons enfin, Heinz Holliger dirigeant l’un des chefs-d’œuvre de Koechlin, Vers la Voûte étoilée, une pièce d’un foisonnement onirique extraordinaire, composée d'après une nouvelle de l'alsacien Charles Dollfus (13, 14 décembre).


    Paroles de chœur et de solistes

    Marc Albrecht a réuni autour de lui des musiciens au tempérament étonnant comme Radu Lupu, l’un des grands maîtres du piano d’aujourd’hui, qui interprètera le Troisième Concerto pour piano de Barok. A ce même concert, on entendra notamment les Nocturnes de Debussy, mais avec leur troisième partie, Sirènes, qui fait intervenir le Chœur de femmes (7, 8 décembre). La formation dirigée par Catherine Bolzinger  aura déjà ouvert la saison avec Mer calme et heureux voyage  de Beethoven  (20, 21 septembre), puis montré toute l’étendue de son talent dans l’oratorio Elias de Mendelssohn avec des interprètes de renom comme Christiane Iven, Ingelborg Danz, Werner Güra et David Wilson-Johnson. Enfin, le Chœur se produira à la Paroisse protestante du Temple-Neuf à l’occasion de l’inauguration du Grand orgue (17 mai).
    N’oublions pas non plus les sopranos Claudia Barainsky et Christiane Ölze, interprètes du cycle consacré à Berg (13, 14 décembre, puis 17 et 18 janvier), ainsi que la violoniste Arabella Steinbacher dans le Concerto pour violon de Mendelssohn (5, 6 mars). L’Orchestre propose également un certain nombre de récitals de solistes invités. Ainsi, la pianiste Mihaela Ursuleasa jouera Schubert, Schumann, Saariaho et Grieg en matinée (28 octobre) puis ce sera au tour du violoniste Renaud Capuçon, du violoncelliste Gautier Capuçon et du pianiste Nicholas Angelich d’interpréter l’intégrale des Trios de Brahms (12 janvier). Le Quatuor Mosaïque donnera un regard tout aussi personnel sur trois quatuors, de Schumann, Haydn et Beethoven (29 mars).
    Les musiciens de l’Orchestre seront largement présents en formation de chambre. Ils apporteront leur regard sur les thèmes musicaux de la saison avec des programmes Berg, Webern et Zemlinsky (9 décembre), Schumann (30 mars), Glazounov et Tchaïkovski (25 mai) mais offiront également de surprenantes prestations. Ce seront par exemple des partitions baroques de Corrette et de Boismortier juxtaposées à des pièces de Prokofiev et de musiques contemporaines (14 octobre). Plus tard dans la saison, quatre musiciens-compositeurs de l’Orchestre interprèteront leurs propres œuvres ! (20 avril).



    Enfin, deux prestigieuses formations de musique baroque ont été invitées. Le Chœur et l’Orchestre Baroque d’Amsterdam dirigés par Ton Koopman donneront l’Oratorio de Noël de Bach (28 novembre). Puis, le New London Consort avec à sa tête Philip Pickett donnera une Cantate ainsi que l’Oratorio de Pâques de Bach (17 mars).



    Concerts décentralisés en région, à l’Université de Strasbourg, tournées en Allemagne (novembre), à Milan (8 mars), dans la salle du Concertgebouw d’Amsterdam  (16 juillet)… L’Orchestre multiplie les prestations sur scène, mais aussi dans la fosse de l’Opéra du Rhin. Il participera en effet à quatre productions lyriques : Idoménée de Mozart(18 octobre et 20 novembre), Elektra de Strauss (8 décembre et 11 janvier), Iphigénie en Aulide de Gluck (6 mars, 25 avril et 21 mai) et Fidelio de Beethoven (21 juin).